Parcours

Durant son enfance et même un peu plus, Murielle Holtz apprend à faire le grand écart entre l’immeuble de banlieue où elle grandit et les somptueux plateaux d’opéras sur lesquels elle chante. Formée à la musique classique à la Maîtrise de la Loire et à l’injustice sociale depuis le bas de l’allée, elle découvre plus tard un appétit féroce pour les musiques populaire ou jazz, pour le théâtre et le piano à bretelles.

S’ensuit une série de ricochets improbables. Interpréter le rôle d’Olympe de Gouges sur un plateau de théâtre, accompagner à l’accordéon le plus grand menteur du sud de la France, chanter depuis le sommet d’un mât chinois ou briser ses cordes pour dépoussiérer l’histoire des tondues en version spectacle de rue. Pendant longtemps, dès lors qu’il est question de création et d’invention, tout la passionne, tout l’intéresse : le jeu subtil ou burlesque, la voix lyrique ou brisée, le texte chanté ou parlé.

Et puis à un moment l’envie de composer s’affirme et déborde. D’abord en chanson et en solo avec ses « Soliphonies », puis en trio avec sa « Rhapsodie en tridem ».

Depuis quelque temps, elle se frotte à un nouvelle pratique : celle de l’écriture en forme de roman (Festin pour un fou), de récit (Cratère mon amour) ou de pamphlet utopique (Poïésitiques).

Parce que c’est cela qui la démange maintenant. Faire tomber le quatrième mur pour que l’espace de la lutte et celui de l’art cessent de se regarder de travers et finissent par ne faire qu’un. Ce n’est pas gagné. Cela ne l’empêchera pas d’essayer. Commençons donc, par les mots. Uniquement les mots, et pour le reste, on verra. Affaire à suivre.