Jouer enfin, dehors, debout ! Chanter à nouveau !!

Reprendre le spectacle, après six mois d’interdiction de jouer, c’est comme retrouver un amoureux qu’on n’avait pas vu depuis longtemps.

C’est appréhender les retrouvailles, être en même temps impatiente et stressée, c’est se surprendre à penser que c’était très bien sans lui, que de toute façon, il y a plein d’autres personnes et d’autres choses à faire sur cette terre..

Puis, quand vient le moment du face à face, le moment où les voilà à nouveau, l’amour ou le jeu, les yeux de l’amoureux ou ceux des spectateurs, quand les voilà à nouveau…

Ça fait trembler si fort qu’on se demande comment c’est possible d’avoir cru une seule seconde que ça ne manquait pas ; comment c’est possible d’avoir osé penser que ce n’était pas nécessaire, que ça ne faisait pas partie des choses importantes.

Et après ?

Après c’est fondre dans les bras du spectacle comme on fond dans les bras de l’amoureux, c’est parcourir les rues ensemble, c’est rire et pleurer pour rien, c’est chanter face au ciel, c’est se dire que c’est cela l’essentiel, que l’amour et l’art sont nos piliers de poésie, piliers d’humanité.

Et ensuite ?

Ensuite c’est fermer les yeux quelques secondes pour se souvenir, pour ne pas oublier comme ça a manqué, et pour se promettre de tout faire pour que rien ne vienne bâillonner ni l’amour, ni les caresses, ni les chants, ni les textes.

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