UN EUPHONIUM DANS LES TRANCHÉES

J’ai un euphonium dans les tranchées
le cœur en quinte augmentée
j’ai un do d’accordéon
tenu par un souffle continu
j’ai le tambourin en touches nacrées
et une contrebasse à chaque silex
j’ai des mailloches à toutes les hanches
et des cymbales à chaque orteil
et tout ça sans lunettes, sans ceintures, sans bilboquet à la main gauche
tout ça près d’un mec grand comme un pin, sec aussi, avec des oreilles immenses comme les chapelles du coin et qui bouge pas
tandis que moi
ben ça continue
j’ai le ventre à contre-brassée
des tomes nichés dans chaque nichon,
des intros longue comme des fins
des trompettes dans les fallope
j’ai une salope dans les si graves et une putain dans les fa dièses
j’ai une princesse dans les sol dièses et une vierge un quart de ton plus bas
j’ai le basson à l’unisson qui se bonifie avec l’âge
et le violon qui me bas grésille
j’ai un frisson subit soudain, subodorée
(je sais pas ce que ça veut dire mais on s’en fout
je suis poétesse et j’emmerde les odeurs et les subordonnées)
j’ai les arpèges en ascension jusqu’au col du mont obiou
j’ai la mesure en trois parties avec la dernière plus petite et les deux autres qui font semblant d’être égales
alors qu’on le sait tous, en musique y a rien d’égalitaire, rien de paritaire, pas d’équité
que de l’éthique, du tortionnaire et voltaire peut bien chercher candide il ne le trouvera pas ici
ici y a de la sueur, de la sueur pour tout,
pour les étoiles, pour l’herbe sèche, les parasols, les lampadaires, les luminaires, les enceintes et les caissons, les fly-case, les delirium tremens, les bascules à pigeons, les escaliers en rond, les troufions, les arches en spirales, les vers luisants, les bouffettes, les skis, les bombyx, les bacchantes et puis c’est tout.
Point.
Et tout ça juste à côté d’un mec très grand et très fin avec des oreilles immenses comme les chapelles du coin. Et qui bouge pas.
Tu comprends ?
Je continue ?
Ok
J’ai le souci qui dépasse
le cliquetis qui dégouline
l’archet qui s’emballe
et les lèvres qui s’arriment
j’ai le 5/8 en perfusion
et les balais qui s’acharnent
les syllabes à l’oustal
et le basson qui bastonne comme un bastos dans la gueule
j’ai le plexus qui trigone et triomphe tout seul comme un con, comme un cornet qui crâne et réclame des crosnes du trièves fait maison
j’ai une table d’harmonie dans les entrailles
et des amis qui me pincent les cordes
j’ai tout le corps et le cœur et le sexe et l’index et le majeur et les mains et les cheveux et le cul et les seins qui sourient
qui se remplissent
et tout ça juste à côté d’un mec très grand et très fin avec des oreilles immenses comme les chapelles du coin et qui bouge pas
et c’est pas finit
parce que tout ça c’est tellement puissant que j’ai envie de crier de dire que c’est incroyable
que l’accordéon à déchirer les nuages
que la clarinette à crisser comme un jouet de récupération réhydraté
que ça m’a foutu le cou en grosse caisse
l’unisson dans les poumons
le souffle à l’octave
et le solo en 12/8
alors quand le thème s’installe
j’ai envie de me ruer sur les cymbales, de me rouler dans les tapis, de me mettre à danser dans les arbres et de crier merci merci merci parce que derrière tout ça
y a des ventres, des ancêtres, un monde, la terre, un espace, tout l’univers,
des chevaliers, des guerrières, des limonaires, des matelassiers,
y a un grand-père, une enfant petite comme une fleur de bouillon blanc,
y a tous les cultivateurs du coin, les moissonneuses, le torréfacteur, les bistrotiers et la seule source d’eau qui tiens, tu vois y a tout ça dans les notes et je voudrais hurler crier dire Oui oui ouiiii mais comme je peux pas crier ben j’écris évidemment
et tout ça juste à côté d’un mec très grand et très fin avec des oreilles immenses comme les chapelles du coin qui bouge pas, ah, si, il bouge, il se tourne vers moi et il me dit
« tu peux pas aller écrire plus loin, ton stylo il fait du bruit »
alors je m’arrête et je réponds
« à ben mince alors je savais pas que t’avais le bic à ce point. »
Et le mec me sourit.
Voilà, c’est tout.
Point
Dessin : Léo Haag

QUE LE VENT EFFACE MON CHANT SI JE MENS

Le soleil est entier. Une orange placée au-dessus de l’arène.
Les peaux des visages vont rougir, imperceptiblement d’abord.
Le bras de la cheffe ramasse le souffle de la terre et le lance au ciel. Deux mesures à vide pour prévenir les oliviers et l’azur que dans quelques secondes, un combat, ici, se livrera. Sur un rythme impair, trois temps d’un côté, deux de l’autre. Toute la colline est prévenue. Un geste – tessera, pinte – et l’orchestre s’élance. D’abord les tambours, les bendirs et les saxos ténor. Ils partent à l’assaut de l’asymétrie. Une bascule sans cesse en quête d’égalité et qui, à défaut de la trouver, retombe toujours sur l’autre pied. Un rythme inarrêtable. Un battement infatigable. Puis et les voix s’en mêlent. Elles rejoignent les cuivres et les cordes pour escalader la première rangée de notes. Bientôt elles dévaleront à leur tour sur les courbes des mesures qui défilent.
Un galop de sons caresse les roches calcaire.
Les oliviers frémissent. Le vent se lève. Les passants s’assoient.
« Gallo negro » dit l’océan, « gallo rojo » répond le chant.
Et la bataille commence. L’un est debout et fier. L’autre s’avance, courageux. L’un est mur, l’autre éclaboussure. « Gallo negro » dit l’histoire. « Gollo rojo » dit l’espoir. Et les deux se font face.
Est-ce que la victoire appartient toujours au vainqueur ?
L’un est grand, il attaque en premier. L’autre vaillant se battra jusqu’au bout. Dans l’arène en ruines, au pied des dieux bien trop hautains pour daigner se lever, les deux se jettent dans la poussière et la renverse. La main de la cheffe résiste. L’orchestre aussi. Il avance à pas précis.
L’un est debout, l’autre est à terre, l’un écrase l’autre, l’autre mange poussière. « Gollo negro » dit l’histoire, « Gallo rojo » dit l’espoir. La main retient la course effrénée des musiciens. Il faut garder le rythme, ne pas s’emballer, retenir, retenir les chevaux, ne laisser aucune chance aux croyances antiques de gâcher la musique. Les paroles du chant racontent tout du combat. « Si le premier gagne, le jour s’éteindra. Si le second s’en sort, d’autres chanteront encore. » Entre silence et pulsation, entre galop et suspension, entre roches anciennes et béton frais, le soleil les regarde tous. Les peaux rougissent. Une goutte de sueur s’écrase en plein cœur de Filopappou. Il faut changer de rythme. La main de la cheffe aimante tous les regards.
Ena, dio, treya, tessera, pinte,
montée diatonique,
tous à l’unisson,
do ré ré# mi
et l’on passe en six/huit.
Le balancier soudain devient régulier et ce qui est fascinant à cet instant-là, c’est que l’égalité du rythme, après tant de secousses, semble totalement décalé. Le balancement pourtant cette fois est parfaitement droit, mais la trace qu’a laissé l’impair, juste derrière, le rend terriblement plein. Délicieusement plein.
Les dieux se sont levés Que se passe-t-il, disent-ils. La mer répond À votre avis, vous n’en avez vous vraiment aucune idée ? Pourtant ils le savent bien qu’ils n’y pourront jamais rien, les dieux, d’empêcher les humains de chanter leur soif de liberté. Les paroles se font plus précises. « Jamais gallo rojo ne se rendra à moins d’être mort. »
Les voix, les bouzoukis, les cuivres et les peaux dévalisent la brise.
Il n’y a plus un seul coin de silence sur toute la colline. Plus un seul lieu perdu et isolé. Tout est relié. Par le son. Tout ne fait qu’un. Et la seule issue possible est celle d’y succomber. À cette terrible beauté. Dans l’arène en ruine les musiciens entament l’épode. La main de la cheffe relâche les rennes. Les voix arrachent une note éperdue d’espoir, à bout de souffle. Tous les yeux sont plaqués sur la main. Toutes les mains chantent elles aussi. Crescendo pour finir. Il n’y qu’un crescendo pour finir ce combat. « Que le vent efface mon chant si je mens. » Une longue note tenue. Un ré puissant. Qui dure toute une vie.
Les dieux sont à genoux. Les passants sont debout. L’acropole s’écroule. Le silence s’est tu. Il a disparu, est allé se planqué bien loin, bien loin dans la cité. Pour un temps seulement, on le sait bien. Pourtant, puisque le chant a percer la colline, puisqu’un orchestre est né dans les ruines de Philopappou, alors tout est à nouveau possible, n’est-ce pas…
Que le vent efface mon chant si je mens.
Chronique athénienne

50 RUE KRIMIDIOU

Il marchait dans la rue. Une des rues qui mène vers Omnia. Laquelle exactement, je ne sais pas. Peut être une rue avec des mûriers, des yukas ou un tapis d’oranges amères. Il devenait Elle, parfois, la nuit. Ses cils s’allongeaient, ses reins se cambraient. Il enfilait un corset, une perruque pour devenir Elle. Ce jour-là, il marchait dans la rue. Il n’était pas Elle. Il était Il. Il marchait dans la rue de la bijouterie. Depuis plusieurs années, les bijouteries d’Athènes sont devenues des endroits incontournables. On vient y vendre la bague de la grand-mère, le collier de la tante, tout ce qui a un peu de valeur atterrit chez le bijoutier. Le bijoutier transforme l’or en billet de banques, en monnaie et l’on repart avec l’espoir de pouvoir acheter des légumes pour tenir la semaine, peut-être même du beurre, des olives, du pain, de la fêta. Il marchait dans la rue. Sans son chien. Parfois il promenait son chien, mais là, non. Il marchait dans la rue. Seul. Il est arrivé devant la bijouterie. Il est entré dans la bijouterie. Ce qui s’est passé à ce moment-là, on ne le sait pas vraiment. Ceux qui le savent ont préféré cacher la vérité, plutôt que de la dévoiler. Il est entré dans la bijouterie, cela est sûr qu’il est entré. Il s’appelait Zakie’O. Il marchait dans la rue, il est entré. Ensuite, on ne sait pas ce qui s’est passé puisque les caméras ont disparu. Pourtant il y a toujours des caméras dans une bijouterie. Il y a toujours un œil enregistreur qui filme tout. Surtout dans une bijouterie. Mais là, selon les bijoutiers il n’y avait pas de caméras. Plus tard, il ne marchait pas dans la rue il était enfermé dans la bijouterie. Certains ont filmés. Sur les images on le voit prendre un extincteur et tenté de péter la porte en verre de l’entrée. Il prend l’extincteur, et lui donne de l’élan en le tenant avec ses mains, jambes écartées. Il donne de l’élan dans un sens, l’extincteur passe sous ses jambes et vient cogner la vitre de la bijouterie. Mais la vitre ne cède pas. On ne sait pas pourquoi il est enfermé dans la bijouterie. Il manque des images. Il manque des témoignages. Mais ensuite on sait qu’il casse une vitre, une autre, moins épaisse sûrement, une vitre sur le côté, au ras du sol. Il essaye de sortir par cet endroit. Deux personnes sont là, en face de lui. Elles lui donne des coups de pieds. Des violents coups de pieds. Quand il arrive à s’extraire complètement de la bijouterie, ils le frappent, encore, violemment. Il se fait lyncher en plein jour. Une femme intervient, pour tenter de calmer les coups. Ça marche. Un temps. On prévient la police. On les attend. L’homme est allongé sur le sol, blessé. Il ne bouge pas beaucoup. Les policiers arrivent. Il frappe l’homme, coups de matraques, coups de pieds. L’homme se relève, titube à cause des multiples blessures et tente de s’enfuir. Ailleurs. Trouver un ailleurs. Il tente d’échapper comme il peut. L’homme tente de fuir, il marche mal, il rentre dans une table de la terrasse en face. Il s’effondre sur la table puis sur les chaises puis sur le sol. À nouveau sur le sol. Les policiers reviennent et continuent de le frapper. Il est inerte sur le sol. Il ne bouge plus. Les policiers le menotte et l’embarque. La vidéo s’arrête. Les policiers n’ont pas empêché l’accès au lieu. La boutique reste ouverte. Les bijoutiers nettoient les traces. Quand ils le déposent à l’hôpital, l’homme est mort.
Plus tard, la vidéo fait le tour du monde. La communauté LGBTQ s’indigne. La communauté anar aussi. Ce n’est pas la première fois que les violences policières aboutissent à un meurtre. La famille porte plainte. On ouvre un dossier. Les policiers sont suspendus dans leurs droits d’exercer. Mais ne sont pas accusés. La défense demande leur inculpation pour non-assistance à personne en danger et homicide involontaire. Le procureur refuse de mettre la vidéo au dossier. Les policiers et les bijoutiers disent que l’homme était défoncé, un toxico en manque disent-ils. Les analyses prouveront rapidement le contraire. Au bout de quatre mois, le procureur ajoute la vidéo au dossier. Il n’y aura aucune témoignages. Le procès est reporté à cause du « contexte sanitaire ». C’était à l’automne 2018.
Aujourd’hui. Le soleil vient juste de se coucher. Les lampadaires apaisent la pénombre. Il fait si doux. Une cinquantaine de chanteuses de la Chorale d’Exarchia est là, au 50 rue Krimidiou. Il y a aussi deux accordéonistes et une percussionniste. Toutes rassemblées d’un côté de la route. De l’autre, la famille, les amis de Zaki’O, l’avocate et toutes les personnes en soutien. Entre les deux groupes, les voitures passent. Le chant sort des poitrines et des gorges, se faufile entre les roues et sur les toits des bagnoles. Les accordéons s’y mêlent. Plusieurs morceaux. Quatre exactement. Le dernier est un chant d’origine mexicaine zapatiste qui dénonce les féminicides. Un chant magnifique fait de frissons, de colère, de rage et d’espoirs. Un des plus beaux chants que j’ai entendu ces derniers mois dans les milieux militants. Les paroles ont été réécrites en grec et spécialement adapté au procès de Zakie’o. Le chant, le béton et la nuit déploient tout leur amour face à la mort. Là, au 50 rue Krimidiou.
[1er avril 2022 – Athènes]
CHRONIQUE ATHÉNIENNE #1

DISCOURS POLITIQUE FICTIONNEL (ou presque)…

DISCOURS POLITIQUE FICTIONNEL (ou presque) librement inspiré par les « PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE PROPAGANDE DE GUERRE » de Anne Morelli. / Principes applicables à tous les camps et unanimement utilisés.
« Donc pour être clair hein, moi je ne suis pas pour la guerre hein, je suis pour la paix, c’est dans la paix que nous prospérons, je le dis et je le répète hein, je suis pour la paix, mais bon, là, on n’a pas le choix vous comprenez, on ne peut pas reculer les limites de la patience…
Comment ? Ah non je ne suis pas d’accord, c’est lui qui a commencé. Si si si, c’est lui qui a commencé, c’est pas nous… Et oui, parce qu’il n’a pas respecté ses promesses hein, alors que nous, on tient parole hein, nous on a toujours respecté les traités hein, mais pas lui… J’vous assure, c’est lui qui a commencé, moi j’étais en train de courir en slip dans le jardin en mangeant des mirabelles et lui pam, il m’a agressé… Donc, on est obligé de réagir, on ne peut plus être attentiste, c’est de la légitime défense, il faut qu’on lui montre notre force.
Pourquoi? Ben parce que c’est un dingue ce type, c’est un fou, un boucher, c’est un véritable perturbateur endocrinien, c’est l’ennemi de l’humanité hein…on ne peut pas le laisser faire tout ce qu’il veut quand il veut. Il faut à tout prix l’empêcher de mettre la planète à feu et à sang, ce bandit, cet assassin.
Qu’est-ce que vous dites ? À qui ça va profiter ? Ben… Euh… à ceux qui courent en slip dans le jardin en mangeant des mirabelles – il rit – non mais c’est pour rire, vous fâchez pas… Écoutez, je vais être sincère avec vous, ça va profiter à personne, c’est pas pour des intérêts financiers. Non je vous assure, arrêtez de voir le fric partout hein, là y a rien à gagner, ben non, c’est pas la loterie, faut pas déconner hein, on n’est pas à la fête foraine, y a pas de pompon, pas de méchant monsieur caché qui tire la ficelle, non, ça n’a rien à voir, c’est au-delà de tout ça hein. C’est pour des bonnes intentions, pour des raisons humanitaires et altruistes hein. C’est pour le bien commun. Voilà. Donc on n’a plus le choix, il faut déployer tout le matériel…
Comment ça quel matériel ?… Ben des armes évidemment. Et ben oui hein, y a pas trente-six mille solutions. Pour arrêter un conflit, il faut faire la guerre à la guerre, vous comprenez… ben oui, mais bon, rassurez-vous, on a des belles machines, toutes neuves, toutes mimis, toutes sexys et ultra performantes… C’est vrai que y a quelques années, c’était un au pifomètre, mais là ça va être ciblé, ne vous inquiétez pas, c’est armes-là, elles ne vont pas toucher un seul civil hein, elles seront utilisées uniquement sur des lieux stratégiques, seulement sur l’ennemi hein. C’est des armes intelligentes hein si je peux me permettre, elles savent reconnaître un ami d’un ennemi hein ? Eh ben oui.
Pas comme les armes qu’eux ils utilisent hein, parce qu’eux ces fous, ces barbares, non seulement ils tirent sur n’importe qui, mais ils tirent avec n’importe quoi hein. Alors que nous, non, nous, nos armes, elles sont légales, elles sont légitimes et elles sont utilisées de façon élégante hein si je puis me permettre…
Mais non ça ne craint rien, vous inquiétez pas, on est bien plus fort qu’eux hein. Eux, ils ne sont pas organisés, ils vont se faire dézinguer en deux deux, regardez ils sont déjà en train de se faire massacrer parce que nous on est des balaises hein, on a des gros bras hein, des super machines, des super soldats et tout et tout. On va les démonter et puis…
Quoi ? Mais bien sûr, je suis d’accord avec vous, c’est horrible, tout ce sang, toutes ces destructions, toutes ces images, ces bouts de bras de jambes, tout ça non mais c’est horrible hein, moi l’autre matin, j’arrivais à peine à me faire des tartines, je voyais la confiture de mirabelle j’avais envie de pleurer, j’pensais à mon grand-père, à ma grand-mère euh et je me sentais pas bien quoi, hein, ben oui ça me touche hein et autour de moi tout le monde est touché, tout le monde est ému hein, les artistes, les intellectuels, tous ces poèmes, toutes ces chansons. D’ailleurs on les remercie parce que ça nous aide hein, regardez toute l’opinion est touchée et c’est bien parce que…
C’est pour la bonne cause hein, c’est pour défendre des idées tout ça. C’est pour défendre des valeurs fortes, pour des valeurs sacrées hein, c’est pour défendre une cause commune, notre foi en toutes les valeurs que nous défendons. Notre cause est sacrée et nous devons la défendre les armes à la main s’il le faut.
Non mais écoutez, on n’a plus le temps pour discuter ! Y a plus le temps pour les débats, pour les votes, pour les blablis et les blablas, hein donc voilà, on y va ! Comment ?… Ah non moi je viens pas. Hé non. Je ne serais pas devant non. Ben non, ni derrière. Moi je suis au-dessus hein. Moi je décide hein, moi je gère, j’vais pas aller m’faire tirer comme un lapin pour rien, hein…Et si vous continuez à vous opposer à ce combat, ça veut dire que vous êtes du côté de l’ennemi, ça veut dire que vous êtes un traître. Hé ben oui, alors arrêtez de remettre tout en cause, parce que là il faut y aller, allez, on a plus le temps d’hésiter, allez, allez-y et on y va, on fonce, allez hop hop hop, c’est partit ! C’est le grand soir, on déballe tout, on sort les chars, les fusils d’assaut, les grenades, les hélicos, les sous-marins, les bombardiers et tout et tout, on y va et c’est partiiiit !!!
Ben vous faites quoi ?…
Mais comment ça vous ne voulez pas participer ?
Moi non plus je ne veux pas me participer, mais là y a pas le choix là, c’est pas une série télévisée, c’est pas une pièce radiophonique ni un jeu vidéo hein ? … Hé… Mais qu’est-ce que vous faites ?… Mais non ! Mais arrêtez ! Vous allez pas saboter tout le matériel?! Non mais c’est l’hallu… Ils sont en train tout péter. Mais mince alors. Et j’en fais quoi de tout ça maintenant ?! Et j’les mets dans quelle poubelle hein. La bleue, la jaune ? Mais merde alors. Hé ho ! Mais vous allez où là ? … On ne peut pas faire tout ça sans vous ! Mais… mais revenez !… Ne me laissez pas tout seul bon dieu. J’sais même pas comment on cueille des mirabelles ! »
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Les dix « Principes élémentaires de propagande de guerre » décris dans le livre de Anne Morelli :
1. Nous ne voulons pas la guerre
2. Le camp adverse est le seul responsable de la guerre
3. Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service »)
4. C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers
5. L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures, c’est
involontairement
6. L’ennemi utilise des armes non autorisées
7. Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes
8. Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause
9. Notre cause est sacrée
10. Ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres
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Discours fictionnel : Murielle Holtz

JE ME SUIS FAIT LARGUER

Je me suis fait larguer, cela fait plus d’un an déjà, larguer sans aucune explication, sans discussion, sans concertation, larguer comme une amarre, décrocher de la bitte, sans prévenir.
Je me suis faite larguer, c’était un jour de printemps. Au début, j’ai pleuré. Il n’a cessé de me répéter que tout était de ma faute et que dorénavant, je devrais me taire, que je ne servais à rien, que j’étais moche et inutile.
L’été est arrivé. Il est revenu, avec ses beaux souliers et son air assuré. Il a soudain déclaré qu’il avait envie de danser avec moi et de m’écouter chanter. Nous avons flirté, j’ai espéré que nous arriverions à créer un nouveau chemin, à ajuster notre façon de faire, à tirer des leçons des mois et des années passées et que le point zéro que nous venions de traverser, nous permettrait de faire table rase pour tout réinventer.
Mais au lieu de cela, il est devenu de plus en plus autoritaire. Quand les pluies d’automne se sont abattues, il a commandé toute une armée de flics, m’a interdit de bouger, m’a interdit de chanter, de manifester, a posé sa main sur ma bouche, s’est mis à contrôler chacun de mes déplacements, m’a interdit de me révolter, interdit de voir mes amis.
Alors depuis, j’écris. Je ne chante plus. J’écris puisqu’il n’y a que cela qu’il soit possible de faire, écrire pour ne pas crier trop fort.
Durant tout l’hiver, je l’ai regardé courir, brandir un remède, bondir à tous les carrefours une seringue à la main. Perché sur un océan de plastique, je l’ai écouté déclarer qu’il souhaitait prendre soin de tous, que notre santé était au cœur de ses préoccupations. Puis je l’ai vu se retourner, cracher des épices néonicotinoïdes dans nos soupes, fabriquer des poulets sans poulet, expulser les réfugiés, planter des hangars amazon, lancer des gaz lacrymos dans les yeux de ceux qui marchaient pour le climat et continuer de déclarer, je prends soin de vous.
J’ai cessé de pleurer. J’ai commencé à regarder ailleurs.

Et tandis qu’aujourd’hui il déploie ses plans de précarisation de masse, qu’il parle de souveraineté numérique et qu’il continue de souiller la planète, je ne le regarde plus. Je ris.
Et je voyage.
Je tangue sur la mer, je vogue en mer solidaire.
Le paquebot coule, il est en train de sombrer et emporte avec lui ses vieux bâtiments érigés, ses technocrates avides et sans scrupules.
Le paquebot coule. Et tandis qu’il sombre, l’horizon se dégage. Alors depuis la côte, on voit venir du lointain, comme une multitude de vaguelettes magnifiques, mille barques solidaires se frayant un nouveau chemin.
Et plus le brouillard se lève, plus nous voyons que nous sommes des milliers, que nous sommes des millions à s’être fait larguer et à savoir naviguer. Un an est passé et maintenant, je souris, je souris chaque matin de nous voir si nombreux, à bord de nos embarcations clandestines, avancer solidaires et libres.
Parce que maintenant, nous sommes libres. Le mot carrière n’existe plus, le mot succès n’a plus de rime, le mot ambition n’a plus de sens. Nous sommes libérés des chaînes de production, nous sommes délesté de toutes obligations de réussite. L’art est libre, la parole est libre, nous ne jouons plus, nous vibrons, nous ne courrons plus, nous marchons, nous n’attendons plus, nous vivons, nous ne pleurons plus, nous rions. Car maintenant, nous prenons enfin le temps.
Le temps et l’espace.
Voilà pourquoi nous occupons tout, nous occupons partout.
Tu entends? C’est une nouvelle musique qui frappe à nos oreilles. C’est un tempo nouveau.
Tu entends ?
Ça a commencé il y a un mois, ou un siècle, je ne sais plus.
Et voilà que le mot théâtre reprend tout son sens. Et ils sont cent, cent théâtres en France qui reprennent leur fonction initiale : être des lieux de désordre, de débat politique, d’agoras, des lieux pour tous.
Celle qui passait devant le théâtre chaque jour, pour aller au travail, pour chercher les enfants, pour acheter le pain, celle qui passait là sans jamais se sentir légitime d’y entrer, la voilà qui pousse la porte, observe les murs, les escaliers, s’assoit le temps d’un café et se met à parler.
Un autre qui dormait dehors, parce que le 115 ça fait pleurer toutes les larmes du corps, celui-là, a glissé un matelas devant les portes fermées de la grande salle.
Une autre aux cheveux en bataille vient deux fois par semaine, ramène une soupe, et s’exclame en riant « je ne comprends pas depuis que je viens là, je n’ai plus besoin de cachet pour dormir. »
Et tous nous sommes au rendez-vous des assemblées et au menu du jour nous avons: une entrée d’infos à partager, un plat de décisions à prendre collectivement et un dessert de propositions…
Alors le programme du théâtre, le programme rutilant avec sa grande liste d’artiste reconnus, pendouille, désuet.
Parce que ce qui compte maintenant, dans les lieux occupés, ce n’est plus le programme affiché, c’est le présent.
Le présent
et la parole.
Et dans ces lieux-là, ceux qui se taisaient depuis longtemps retrouvent parole, retrouvent les mots. Alors on parle, on parle trop, on parle de tout. Et les mots se lancent, résonnent en nous et font ping-pong dans l’assemblée. Et chaque après-midi l’assemblée change, elle évolue, et les mots s’affrontent, se cognent, se confrontent et dansent et circulent de partout.
Le hall d’entrée n’est plus un hall pour une élite lettrée et bien pensante, le hall est un lieu d’échanges, d’engueulades, de confrontations, de gouvernance partagée et d’amour total. D’amour en l’humanité.
Alors on cesse de faire semblant. Et on vient là tout simplement en jog et en basket.
Ah si ! Parfois on se déguise, on déballe nos plus belles tenues, nos talons hauts, un babygros, des casquettes à paillettes et on va faire la teuf dans les supermarchés.
Nous y rentrons, nous chantons, nous tractons, nous déambulons dans les rayons et nous provoquons le débat aux caisses. Parfois la police nationale est là qui nous attend. Alors nous leur faisons notre plus belle chorégraphie, nous leur lançons nos répliques les plus piquantes et nous repartons la gorge gonflée d’amour et le souffle grand en se disant ‘‘rendez-vous au théâtre.’’
Et ça ne sonne pas pareil. Pas comme avant.
Quand vient le soir, on se retrouve à quelques-uns et parfois même on joue de la musique, comme ça, à l’arrache, autour de la table, ou dans le micro de notre radioccupé, et ceux qui écoutent ne sont pas assis bien confortablement sur des sièges en velours, non ceux qui écoutent font partie intégrante de cette musique, une musique de rescapés, faite de bric et de broc, de hip hop, de guitare, de bruit de cuillères, d’improvisations, d’os et de chairs.
Et tous les soirs le vigile partage avec nous un moment de la soirée. Et chaque soir, le vigile change. Parfois il a dix neuf ans, il sort tout juste de la formation bac pro en sécurité, d’autres fois il est bientôt retraité, parfois il vient de Tchétchènie, de Nîmes ou d’Algérie. Parfois il joue un morceau de musique, d’autres fois il raconte le hirak mais chaque soir commence ainsi : le vigile nous salue, il enlève son gilet par balle, s’assoit à la table et nous donne des nouvelles de ses parents et de sa femme.
Ce n’est pas pour dire tout cela que j’avais prévu de vous écrire. À la base je pensais vous écrire pour vous inviter à écouter notre concert. À la base je pensais vous écrire pour vous parler de chansons et de sortie d’album. À la base je voulais vous écrire pour vous offrir une invitation. Mais, vous le savez bien, la base à changée. Les invitations sont périmées. Les chansons ont vieillies bien vite et la tournée risque d’être parquée. Mais puisque que devant moi il y a ce stylo, je le prends, je m’en empare pour écrire et raconter, vous raconter ce que ce nous vivons depuis un mois déjà, ou un siècle, je ne sais pas.
Parce qu’il n’est plus question de se taire. Tout comme il n’est plus question de continuer à sauver sa petite peau, sa petite carrière, son petit confort. Le je ne marche plus. Le je a fait son temps, l’individualisme a fait son temps, il est épuisé, foutu, fatigué, le je ne vaut rien s’il reste isolé. Mais il vaut de l’or quand il se rallie à d’autres, qu’il agrandit le nous, qu’il le diversifie et l’intensifie.
Alors le je devient le nous et le nous devient le monde.
Nous sommes des femmes, des hommes, des queers, des conquérantes, des blessés, des luttants de toujours ou d’un jour, des aventurières, des timides, des bigleux, des perdues, des révoltés, des tordus ou des futées…
Nous sommes le monde qui se construit, nous sommes le monde qui se débat.
Voilà pourquoi nous occupons tout, voilà pourquoi nous occupons partout.

Texte Murielle Holtz

Occupation Cratère Alès / / mai 2021

Dessin Soizic Seon

Occuponstout #occuponspartout

LETTRE OUVERTE AUX COMÉDIENS EN TENUE BLEU FONCÉ…

Lettre ouverte aux comédiens en tenue bleu foncé qui sont venus jouer leur toute nouvelle création participative ce lundi 16 novembre sur le marché de Lasalle

Bonjour à toute l’équipe,

Je vous écris pour m’excuser d’être arrivée en retard à votre prestation de lundi, sur la place du marché de Lasalle. Je n’ai malheureusement pas pu voir la première partie de votre spectacle (qui, m’a-t-on raconté, consistait à faire payer les places via un dispositif de prises d’identité tout à fait novateur), mais je n’ai rien raté du deuxième et troisième acte. J’ai donc pris le spectacle en cours, au moment où vous vous déplaciez en groupe devant les stands du marché (j’ai été ravie de constater que vous n’aviez pas peur du covid puisque vous vous êtes approchés de tout le monde sans aucune crainte et en prenant contact avec le plus de personnes possible.) Je dois vous dire que votre toute nouvelle création m’a d’abord intriguée et j’ai trouvé le début de l’acte plutôt réussi : la discrétion mesurée et les costumes impeccables bleu foncé ont vite su créer du suspens.

Votre troupe de quatre acteurs a ensuite engagé un dialogue avec une spectatrice. Je me suis d’abord demandé si cette femme était une comédienne complice (un baron comme on dit dans le métier) et j’étais donc très attentive lorsque que vous avez commencé à porter la voix davantage. Vous vous êtes ensuite déplacés pour venir jouer tout près de moi (je vous remercie de m’avoir offert une place si privilégiée malgré mon retard.) J’ai donc pu entendre distinctement votre texte quand vous avez menacé cette même femme de la verbaliser pour outrage à agent. J’ai également pu voir votre chorégraphie en détail lorsque que vous l’avez saisie, que vous l’avez plaquée au sol, que vous avez empoigné ses bras violemment tandis qu’elle se défendait et criait : « J’ai pris la défense de ma fille… ».

Malheureusement je dois vous dire que c’est à ce moment là que j’ai perdu le fil.

Je n’ai pas compris comment vos personnages pouvaient rester crédibles en passant d’un simple contrôle de routine à une scène aussi brutale. La faiblesse de votre écriture dramatique m’a sautée aux yeux au moment où vous avez menotté cette femme. Et c’est pourquoi je n’ai pas résisté à l’envie de participer (c’était un spectacle participatif n’est ce pas ?) en tentant de prendre la défense de cette personne et de couvrir vos répliques par mon chant. J’ai donc chanté et crié : « Mais enfin arrêtez, messieurs arrêtez ! Soyez dignes ! Quelle honte, mais quelle honte ! » Vous avez ignoré mon intervention spontanée (alors qu’en théâtre d’improvisation, la règle est de toujours dire oui) et avez continuez à jouer cette scène déplorable d’une violence et d’une brutalité incompréhensible.

Sachez, messieurs, que j’assiste régulièrement à cette nouvelle forme de spectacles de rue très répandue actuellement : des flash mob inopinées et surprenantes jouée par des comédiens et comédiennes en tenue bleu foncé.

Ce mois dernier, en me rendant à Lille pour aller répéter (en intérieur évidemment, ma compagnie n’est pas habilitée comme la votre à investir l’espace public), j’ai eu l’occasion de voir trois spectacles de rue qui ressemblaient fort au votre : un premier à l’entrée d’un péage, un second sur une aire d’autoroute et un troisième, le plus étonnant, en plein milieu du périphérique de Paris… Et je dois avouer que j’ai vraiment préféré ces trois autres prestations à la votre (et ce n’est pas pour les costumes puisque tous les comédiens de rues portent actuellement la même tenue : un costume bleu, bien taillé, saillant, sûrement confectionné par Cunégonde, la couturière du théâtre de la place Bauvau à Paris, je ne vois qu’elle qui sache créer des costumes si originaux). Bref, bien que je ne sois pas totalement fan de ces nouvelles productions dont l’intérêt culturel m’échappe quelque peu, j’ai préféré ces prestations car elles comportaient des scène réalistes, des répliques cohérentes, une distribution intéressante, un jeu subtil et fin.

Mais vous, vous qui avez joué aujourd’hui sur le marché de Lasalle, bien que vous portiez les mêmes costumes bleu impeccables (vous faites partit de la même compagnie ? c’est une compagnie nationale ?) vous avez manqué de tout : de sincérité dans l’interprétation, de cordialité dans le rapport au spectateurs, de légèreté dans votre chorégraphie et les répliques n’avaient aucun sens !

Le prix des place que vous avez exigé était pourtant élevé : la plupart d’entre nous a du payer 135 euros, d’autres 270 euros pour être aux premières loges. C’est un peu cher, non ?

Mais passons les détails techniques.

Lorsque l’acte final a commencé, alors là, je suis désolée de vous le dire mais c’était pathétique. Comment pouvez imaginer une seule seconde que votre scénario tienne la route ? Enfin, messieurs, on ne peut pas croire qu’un simple contrôle de routine dérape ainsi. Vous avez littéralement traîné cette dame jusqu’à votre voiture, vous l’avez portée comme un vulgaire paquet, ses pieds raclaient le bitume, ses mains étaient menottées dans le dos, son visage est devenu blanc. Non mais quand même ! Enfin, messieurs, il ne faut pas prendre le public pour des imbéciles. Personne ne peut adhérer à un retournement dramatique aussi violent alors qu’aucun motif crédible ne le justifie ! Et votre collègue qui ne trouvait pas les clefs de la voiture. Non mais franchement !

Et puis vous êtes parti sans même saluer. Alors là, j’étais abasourdie! Pourquoi ne pas profiter de nos applaudissements et finir par une petite chanson ?

Et cette spectatrice (qui d’ailleurs, n’était pas un baron) que vous avez forcée à partir avec vous en voiture, qu’est-elle devenue ? Nous ne l’avons plus vue de toute la journée ? J’espère au moins que vous l’avez dédommagée.

Je suis désolée mais il faut que je vous le dise : c’est le plus mauvais spectacle de rue que je n’ai jamais vu (quel nom porte-t-il d’ailleurs ? personne n’a su me répondre…) et votre nouvelle création n’a vraiment rien à voir avec ce que nous recherchons .

Nous vous serons donc gré de ne plus exercer ce genre de divertissement stupide et agressif sur le marché de notre village. Certains d’entre nous ont filmé les scènes les plus mauvaises. Elles sont disponibles en ligne et ont déjà fait trois fois le tour de la planète. Je ne peux que vous encourager à les regarder pour constater la médiocrité de votre scénario.

J’espère que vous vous orienterez vers un autre profession au plus vite, parce que je vous l’assure, vous n’avez pas les compétences nécessaires pour exercer ce métier correctement. Il vous manque les bases : l’intégrité, le respect, l’écoute, la bienveillance et l’humilité.

Nous espérons donc que vous ne nous ferez pas la désagréable surprise de revenir jouer chez nous.

Merci donc de respecter le calme et la joie de notre marché local.

Nous pourvoirons à nos propres divertissements par nous-mêmes.

Cordialement

Murielle Holtz, créatrice de spectacle annulés et spectatrice aguerrie de flash mob en tenue bleu foncé.

PS : On m’a également rapporté que durant l’entracte vous avez passé votre temps à regonfler les pneus. Vous ne vérifiez pas l’état de vos véhicules avant chaque tournée ?…

PSS : la photo est de JYA studio nomade